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Vendredi 20 Avril 2007
Aicha trouva un jour un homme qu'elle persuada de la prendre pour femme. Il la prit pour femme.
Quelques temps plus tard, toute la famille fut invitée à une fête. Aicha refusa d'y allern affirmant qu'elle n'était pas femme à parader dans les fêtes, mais au contraire, une femmes "de foyer", "d'intérieur"... Mais ils insistèrent tellement qu'elle accepta de les accompagner à condition toutefois, qu'elle revienne avant eux pour s'occupé de la préparation du repas. Ils partirent donc pour la fête, ne laissant à la maison que leur vieille mère.
Aicha revint bientôt et mit une grande marmite de tripes sur le feu. la vieille femme entra aux toilettes.
Aicha la suivit avec les tripes bouillantes et les lui fourra de force dans la gorge.
La vieille femme hurla, hurla et mourut.
Quand le reste de la famille rentra de la fête, on s'enquit de la vieille mère.
"Je ne sais pas où elle est. dit Aicha, je l'ai vu par là tout à l'heure, mais j'étais trop occupée par le ménage, le repas..."
Ils cherchèrent dans toute la maison, et trouvèrent enfin, horrifiés le cadavre de leur mère gisant dans les toilettes, la bouche débordant de tripes.
"Chuuuut! chuuut! leur intima Aicha,
taisez-vous! Silence! silence, vous allez attirer la honte sur nous!
Elle a volé les tripes du repas pour les manger. Silence; que les gens n'apprennent pas la vérité! la honte est sur nous!"
Ils se turent et enterrèrent leur mère dans la plus grande discrétion. Morte en tombant. Morte en tombant.
bientôt la famille dut repartir assister à une autre fête de mariage et Aicha resta seule avec son vieillard de beau-père.
Elle prit ses sept bâtons très flexibles et commença à lui fouetter sauvagement la langue. Les sept bâtons y passèrent et la langue du vieillard ne fût bientôt qu'un lambeau de cjair informe et sanguinolant.
"Qu'est-il arrivé? Qu'y-a-t-il?" s'affolèrent les membres de la famille à leur tour.
- Qu'est-ce que j'en sais? répondit Aicha avec humeur.
Vous me laissez toujours seule avec les problèmes! Demandez-lui ce qu'il veut!
- Que t'est-il arrivé, père?"
Le père fixait alors Aicha, la montrait du doigt et se mettait à bredouiller et à baver.
"Il vous dit qu'il va mourir et qu'il veut que tous ses biens me reviennent à moi, Aicha!
-
Mais, et sa langue... sa langue!?
- Est-ce que j'en sais, moi, ce qui est arrivé à sa langue!" Le vieillard se mettait à gigoter de plus belle, l'accusant du doigt.
"Voyez! voyez vous même! Il insiste pour me désigner comme seule et unique héritière. Il veut que vous insciviez tous ses bien, tout ce qu'il possède à mon nom."
Ce qui appartient à Dieu revient à Dieu; il mourut et Aicha hérita de tous ses biens.
publié par Petit Ange dans: CONTES
Vendredi 20 Avril 2007

Un jour Aicha rencontra un vieillard.
"Epouse-moi! lui dit-elle,
épouse-moi, et tu retrouveras ta jeunesse!
- Comment?
laisse-moi en paix ma fille; je suis un vieillard respectable avec des enfants et des brus...
- Epouse-moi, te dis-je,
tu retrouveras ta jeunesse!
-
Mais enfinn...
- Si, tu retrouveras ta jeunesse; tu redeviendras jeune homme!"
Il finit par se laisser tenter, et elle l'emmena au bain maure, où elle lui fit raser barbre et moustache.
"Quel est ton nom? demanda-t-il.
- Bezghètchine! répondit-elle.
- Bezghètchine? demanda-t-il étonné.
- Oui!"
Il se déshabilla, et entra au bain. Aussitôt, elle prit tous ses habits et s'en alla furtivement.
Il termina bientôt son bain et appela "Bezghètchine" pour qu'elle lui donne ses vêtements. Personne ne répondit à l'appel de ce nom, sauf le tenacier du bain qui demanda:
"
Que veux-tu?
-
Appel la femme qui m'attend avec mes effets.
-
Il n'y a plus personne dans le bain et personne ne t'attend!
- Malheur! comment rentrer chez moi? par pitié cousin, prête-moi une djelaba pour rentrer chez moi!"
Il rentra finalement chez lui, mais dès qu'il franchit le seuil de la maison, ses brus, affolées, s'écrièrent à sa vue:
"Oh! mon Dieu! Quel est cet étranger qui viole l'honneur de notre demeure?!"
Il se fit reconnaître et expliqua à sa famille qu'il avait été victime d'une "ennemie".

publié par Petit Ange dans: CONTES
Mercredi 18 Avril 2007

Aicha trouva un jour un homme en train d'emménager dans la nouvelle demeure. Elle se donna aussi-tôt l'apparence d'une femme enceinte en remplissant sa robe de toutes sortes de chiffons, et se joignit aux femmes qui aidaient l'homme à installer ses effets.
l'emménagement fini, elle prit place sur l'unique chaise de la maison, à l'unique table. L'homme qui était pieux et honnête, la prit pour l'une des nombreuses voisines qui l'avaient si aimablement aidé, et n'osa rien lui demander, hormis son nom.
"je m'appelle You-Youtez, dit-elle"
Elle resta assise si longtemps, que l'homme, terassé par la fatigue, s'endormit profondement. Elle déménagea alors tous les meubles de la maison, ne lui laissant que la natte sur laquelle il dormait.
Le lendemain, très tôt, l'homme sortit de sa maison affolé, appelant:
"Youyoutez! Youyoutez!"
Aussitôt, les voisins se mirent à pousser de stridents youyou.
"je vous dis Youyoutez!" s'énerva-t-il.
Leur youyou redoublèrent de stridence.
"Mais enfin, dit-il, je cherche Youyoutez! la femme enceinte qui m'a aidé hier...
- Mais, répondirent les femmes, nous l'avions prise pour ta femme! Et nous pensions que tu nous demandais de youyouter parce qu'elle a accouché pendant la nuit!"

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               

publié par Petit Ange dans: CONTES
Lundi 09 Avril 2007

Un homme qui allait à son travail, la trouva assise sur son chemin.
"Hum! grogna-t-il, enveloppé d'un châle bleu, elle se tient au bout de la rue!
- Hum! répondit-elle.
ô yeux de sa mère!
ô sourcils de sa soeur!
ce gilet brodé t'appartient-il?
ou bien l'as-tu emprunté?
-
Va chez nous, et contemple notre situation!"
Le soir même, quand il rentra chez lui, il pria sa mère d'aller demander la main de cette jeune fille.
"
Mais avec quoi? s'écria sa mère, avec quoi irais-je demanedr sa main? avec des poux sans doute!
"
Le lendemain en partant pour son travail, il retrouva la jeune fille au même endroit. Ils se tintent les mêmes propos que la veille.
"Va chez nous et contemple notre situation" lui dit-il en rebroussant chemin pour rentrer chez lui.
Elle le suivit alors discrètement et colla son oreille contre la porte de la maison. Il parlait à sa mère:
"
Mère, allume donc!
- La lune nous éclairera, répondit la mère.
-
Qu'y-a-t-il à manger, mère?
-
De la galette et des oignons, mon fils!
-
M'as tu reprisé la chemise?
- Oui, j'ai enlevé un morceau de la manche pour la rapiécer."
N'ayant rien perdu de cette conversation, Aicha repartit discrètement.
Le lendemain, il la retrouva sur son chemin et ils échangèrent à nouveau les mêmes propos.
"
Va chez nous, et contemple notre situation!
- J'ai été chez vous! répliqua-t-elle.
J'ai été chez vous,
et j'ai vu votre situation!
La lune est votre lustre!
Les oignons sont vos pommes!
et vous enlevez des manches
pour rapiécer vos bas (de chemises)!
"
Le soir, il rentra chez lui, plus résolu que jamais à épouser cette jeune fille. Et il persuada sa mère d'aller demander sa main.
Elle alla donc frapper à la porte de la maison de la jeune fille.
"Qui est là?
demanda celle-ci de l'intérieur.
-
Ouvre!
- Pose le pied sur le ciment, soulève le fer et pousse le bois!"
La mère ne comprit rien à ce discours, et s'en alla, étonnée, en rendre compte à son fils, qui lui expliqua qu'il fallait comprendre: "Monte sur le seuil, soulève la targette et pousse la porte!"
La mère revint sur le champ chez la jeune fille.
"
Qui est là?
-
Ouvre!
- Pose le pied..."
La mère entra et demanda à la jeune fille:
"
Pourquoi ne t'es-tu pas levée pour m'ouvrir?
-
La rose délicate de mon giron m'empêche de courir!
-
Où est ta mère?
-
Elle est partie amener ce qu'elle n'a jamais amené!
-
Où est ton père?
- Il est parti accompagner ce qui ne reviendra jamais!"
La mère ne comprit rien à ce discours énigmatique, et s'en alla rendre compte à son fils qui lui expliqua: "La rose rouge, c'est sa virginité, sa mère est allée accoucher une femme et son père est allé à un enterrement."
Il tenait absolument à épouser Aicha, et peu de temps après, on lui accorda sa main. Un mois plus tard, le mariage fut célébré.
Au lendemain de la nuit de noces, une jeune fille qui louchait alla voir Aicha:
"Bonjour, la mariée, dit la jeune fille.
-
Bonjour, ô toi dont un oeil cuisine pendant que l'autre verse de l'huile!
La jeune fille alla en pleurant se plaindre à sa mère, qui décidé "d'aller voir ça" avec ses nombreux enfants.
"
Bonjour la mariée!
- Bonjour, ô chienne aux nombreux chiots"
La dame révoltée, s'en alla se plaindre à la maîtresse de maison, qui décida d'aller vérifier la véracité des faits.
"Bonjour la mariée, dit-elle,
il paraît que tu as ...
- Par l'endroit d'où sont sortis tes enfants, je n'ai rien dit de tout cela!"
La dame horiffiée, courut vers le amri de Aicha qui vint à son tour:
"Bonjour la mariée", dit-il.
Elle lui répondit par une grossièreté énorme.
"Par Dieu, s'enflamma-t-il, tu ne passeras plus une seule nuit sous mon toit!"
Pour la répudier, ils allèrent chez le cadi, un homme pieux et noble, richement vêtu de ses nombreux burnus et gandouras.
Avant qu'il ne rende son verdict, Aicha lui fit le geste d'offrir quelque chose, les deux mains réunies, voulant lui signifier que si le jugement est en sa faveur elle lui donnerait une poingnée de louis d'or. Le cadi la compris ainsi.
"Comment? dit-il au beau père d'Aicha, vous voulez répudier cette femme qui vient juste d'arriver chez vous? A peine deux jours, et vous voulez la répudier, elle a tous les droits sur vous! elle gardera tous les bijoux, tous les meubles! tous ce qu'elle a apporté et tout ce que vous lui avez offert!"
Quand tout le monde partit, le cadi arrêta Aicha:
"
Donne!
-
Quoi donc?
-
Ce que tu m'as promis par ton geste!
-
Mais tu es fou? mon geste te disait de cacher tes parties génitales!
-
Mes parties? mes parties visibles et toutes mes gandouras, tous mes burnous!...
- Si, si! dit-elle, c'était visible! tu as attiré la honte sur toi!"
Et elle s'en alla, cherchant, cherchant...
 

publié par Petit Ange dans: CONTES
Vendredi 23 Février 2007
Autrefois, le tigre n'avait pas de rayures et il s'en portait très bien, car tout le monde l'admirait. II était pour ainsi dire le roi du zoo, il régnait en maître, la tête haute, sans jamais se laisser marcher sur les pieds. Si un animal quelconque réussissait à entrer sur son territoire, il n'en ressortait pas vivant.
Un jour, un troupeau de zèbres fit son apparition dans le zoo. Tous les visiteurs se ruèrent vers leur cage. Il faut vous dire que jusqu'à présent, aucun zèbre n'avait pu être capturé et mis dans une cage.
Le tigre furieux d'être ainsi délaissé par le public décida d'aller parler aux zèbres.
Quelques minutes plus tard, le tigre était en conversation avec un zèbre du troupeau. II lui demanda comment ils arrivaient à avoir autant de succès auprès des humains. Après avoir hésité à répondre, le zèbre se lança et lui avoua tout simplement que c'était sûrement à cause de leurs rayures. Le tigre tout à fait étonné, ne put s'empêcher de se moquer. Le zèbre, rouge de colère, se retint de lui donner une bonne correction, car le tigre était sans aucun doute plus fort que lui.
Après que le tigre se soit calmé, et qu'il reprit son sérieux, il lui demanda s'il n'avait pas une petite idée pour que lui le tigre du zoo il puisse attirer de nouveau quelques visiteurs. Mais comme le tigre s'était moqué de lui, le zèbre ne voulut plus lui parler. Alors un autre zèbre prit la parole et lui expliqua qu'il lui faudrait attendre l'été avant de pouvoir changer quoique ce soit.
Le tigre très étonné de cette réponse, demanda plus de détails. Alors le zèbre continua :
"Il faudra que vous vous mettiez au soleil derrière les barreaux de votre cage pendant cinq à six heures de façon à ce que vous attrapiez des rayures de soleil à côté des rayures d'ombres". 
Quelques mois plus tard, I'été s'était installé. Aussitôt, le tigre suivit les conseils du zèbre.
Le soir, le tigre se regarda dans un miroir, il était splendide, sa robe était couverte de rayures. ll en était très fier. Alors, il alla remercier les zèbres, qui maintenant étaient devenus ses meilleurs amis.
Depuis ce jour, tous les visiteurs vinrent à nouveau devant la cage du tigre, et tout le monde en était très heureux.
Voilà pourquoi aujourd'hui le tigre a des rayures.
publié par Petit Ange dans: CONTES
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